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Raccourci :


Chronique de Nestor. Naissance des mondes russes.

Chronique de Nestor. Naissance des mondes russes.

Note de l'éditeur


Au début du XIIème siècle, dans le monastère des Grottes à Kiev, le moine Nestor entreprit de rédiger cette Chronique, qui porte son nom, et qui est la plus ancienne histoire de la Russie que l’on connaisse.


Nestor commence son récit avec le partage du monde qui eut lieu après le déluge, et, nommant les peuples qui habitèrent la terre, fait entrer dans l’histoire (au commencement du septième millénaire après la création du monde) les différents peuples slaves qui occupaient les forêts et les rives des grands fleuves entre la Baltique et la mer Noire. Année par année, il recense les événements qui ont marqué la naissance de cette Russie primitive, articulant habilement les récits mythiques ou légendaires des âges obscurs, puis raconte comment, du mélange des tribus slaves avec les scandinaves installés entre Novgorod et Kiev est née le premier embryon des mondes russes. À la suite d’expéditions commerciales et de pillage contre Constantinople, la lente et difficile christianisation des Russes commence, au milieu des guerres entre princes ou tribus, accompagnée de la diffusion de l’alphabet cyrillique, qui véhicule le christianisme orthodoxe sous le patronage très prégnant de l’Empire byzantin.


La narration de Nestor est ponctuée par l’irruption permanente d’épisodes merveilleux, issus à la fois du folklore slave et de la tradition chrétienne, en un ensemble d’où émergent de curieux paradoxes. Ainsi, le baptême, à titre personnel, de la princesse Olga au Xème siècle, ne l’empêchera pas d’inventer de cruels stratagèmes pour exterminer les assassins de son mari, et, par la suite, Vladimir, le « Soleil Radieux », grand fornicateur devant l’éternel, sera pourtant le premier prince de Kiev à faire baptiser son peuple. C’est du reste son fils, Jaroslav « Le Sage », qui imposera définitivement le christianisme, lui dont il nous est raconté comment il assassinat ses deux frères, Boris et Gleb, qui devinrent les premiers saints russes… La Chronique de Nestor nous fait pénétrer ce monde en construction de la « Rus’ de Kiev », où s’affrontent, se mêlent et se rencontrent en un même mouvement les mondes slaves, scandinaves et nordiques, les peuples nomades des steppes d’Asie centrale et les univers byzantins de la méditerranée. C’est de cette confluence, de ces mutations sociales sans précédent par leur ampleur, qu’est née, marquée dès son origine par des contradictions qui nous sont quelque peu étranges, la Russie contemporaine.

Povest’ vremennykh let (récit des temps passés), comme on le nomme en russe, n’était accessible en Français que dans la traduction très insuffisante de Louis Léger, de la fin du XIXème siècle.


Le traducteur


Jean-Pierre Arrignon est professeur de civilisation russe à l’université d’Arras. Il a notamment déjà publié Les Églises slaves des origines au XVème siècle (Desclée, 1991), Byzance et le monde orthodoxe (sous la direction d’A. Ducellier, Armand Colin, 1999), L’Akrite, l’épopée byzantine de Digenis Akritas, versions grecque et slave (sous la direction de P. Odorico, Anacharsis, 2002) et La Russie médiévale (Les Belles Lettres, Guide des civilisations, 2003).


Chronique de Nestor. Naissance des mondes russes, traduit du vieux russe par Jean-Pierre Arrignon, collection Famagouste. 288 pages,  12,5 x 20 cm, février 2008, 21 euros.

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